Voyage au Mali (départ le 9 juillet)
J’avais cent raisons d’aller au Mali. Depuis les similitudes entre ces deux pays sahéliens encore très ruraux, une expérience aujourd’hui conséquente dans ce pays en fourniture d’ « énergie pour répondre aux besoins de base » en milieu rural, un partenaire potentiel expérimenté dans le montage d’une filière biocarburants, un expert du CIRAD en transformation post-récolte des céréales sahéliennes justement à Bamako au moment opportun, des gens susceptibles de me donner leur vision « alternative » sur les programmes d’énergie rurale développés, l’envie de marcher sur les traces de Papa, et se sentir si près…
Pressée par le planning des gens à rencontrer sur place, c’est encore un voyage en bus qu’il est le plus facile de programmer en dernière minute. En achetant mon billet d’autobus, face aux promesses de climatisation, de route impeccablement goudronnée et de voyage express en 20h chrono par le Burkina, via Bobo Dioulasso mais sans même de correspondance… je m’interrogeais presque sur les raisons qui poussent la plupart à choisir l’avion 4 à 5 fois plus cher.

En définitive, pas de frustration issue d’un voyage trop tranquille. La nuit dehors sur un matelas à la gare routière en attendant le départ (jusqu’à ce que la vent se lève et me chasse à l’intérieur), un pare-brise de bus qui avait un peu « vécu » (mais irréprochable côté conducteur, pas de souci), un intérieur pas forcément grand tourisme,
une route non empruntable pour cause justement de reprise de bitume en cours (mais il y a toujours une latérite plus ou moins parallèle…), de les 3 descentes-contrôle à chaque frontière (tampon de sortie, contrôle du visa d’entrée, douane, compter 2 à 3h de « pause » au final), le besoin d’attendre la fin du match à l’entrée au Mali pour qu’un militaire accepte de nous escorter parce que la route jusqu’à Bamako n’est pas « sécurisée » en ce moment… Madame était servie avec sa tendance à choisir les solutions un peu « roots ». 
Je suis arrivée à Bamako sale, enchantée, épuisée, presque nostalgique de quitter la petite troupe hétéroclite des passagers, et avec juste assez de retard pour être là au petit matin plutôt qu’au beau milieu de la nuit et ne pas regretté de n’avoir pas réservé d’hôtel. Depuis lors j’ai trouvé une chambrette modeste mais suffisante à la « maison des jeunes ». Je me sens bien dans cette grande ville à la population accueillante, gaie et causante.

Encore une coïncidence : c’est dans la région de Mopti (640 km de Bamako) que Papa était volontaire il y a 35 ans, c’est peut-être toujours à Sévaré (à une douzaine de km de Mopti) que se trouve un supérieur de la mission qu’il a bien connu… or c’est aussi à Sévaré qu’est la cellule de coordination régionale du projet qui m’intéresse, qu’un volontaire suisse à la retraite réhabilite des motopompes en panne avec les paysans de façon exemplaire, et il y aurait même semble-t-il là bas des volontaires français près à m’accueillir… alors c’est sûr, je vais m’efforcer d’y aller !

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