Une saison des pluies au Niger

Wayno, laabu, kayna beena hari : Kaydiya Niger ra (Le soleil, la terre, un peu d'eau du ciel : une saison des pluies au Niger) De passage au Niger pour quelques mois, quelques petits bouts de vie d'ici

Saturday, July 29, 2006

Je suis de retour à Niamey depuis une semaine. J’ai repris du poil de la bête, emménagé chez Issoufa – un jeune marié Nigérien cadre d’ONG, qui me loue une chambre.

C’est un peu loin, un peu populaire. J’aime beaucoup le mil et le niébé au milieu de la latérite, les arbres nombreux, les cases les petits voisins qui me connaissent déjà.

Je goûte un peu moins la galère pour trouver un taxi pour aller ou revenir, les trois dépotoirs voisins qu’il faut contourner tant bien que mal pour rejoindre la maison, et la tribu de bestioles de la taille d'une main qui fréquentent la maison ave une assiduité un peu excessive.



La saison des pluies a en effet désormais commencé « pour de vrai », et l’état des latérites de Niamey s’en ressent. Quand il s’agit de remblayer, combler les trous dans la chaussée, les services urbains ne s’empressent guère de se sentir concernés : comme on dit ici, « chacun regarde chacun »…

Les infos à la télé récapitulent les efforts de l’Etat pour mobiliser tous les acteurs pour éradiquer le SIDA, les grandes réalisations du Programme Spécial du Président, les grands moments de mise en œuvre de la décentralisation, la nécessité de promouvoir les engrais, les bienfaits des financements de charité islamiques. Les séries insipides aux intrigues amoureuses édulcorées de violons alternent avec les plateaux-reportage sur l’excision ou les résultats lamentables aux examens. C’est l’El Dorado de Pangloss au quotidien.

Les journées « ville morte » se succèdent, grève générale, protestation récurrente (cf. par exemple http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=PAN60026lasocyemain0). Le gouvernement crie au complot (de l’étranger), à l’irresponsabilité (des citoyens) et à l’innocence (la sienne) ou du moins au manque de preuves de corruption ou détournements prétendus. Tous attendent que le prix du carburant baisse (je suis perplexe, je n’ose pas leur parler du « peak oil » - eh oui, nous on le sait depuis trente ans que les réserves baissent, néanmoins on a beaucoup pompé, maintenant vous les gars il va falloir trouver une autre solution pour vous en sortir).

De mon côté je garde l’espoir de faire planter du pourghère au Niger (cf. http://jatropha.org) , pour faire du biocarburant pour alimenter au moins les moteurs des moulins. Allons-y, avec toutes les bêtises qui ont déjà été commises, on peine à craindre d’aggraver quoi que ce soit – mais d’ici à ce qu’on soit parvenu à intégrer ça au calendrier des cultures et à structurer la filière, mieux vaut prendre son mal en patience…

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