Une saison des pluies au Niger

Wayno, laabu, kayna beena hari : Kaydiya Niger ra (Le soleil, la terre, un peu d'eau du ciel : une saison des pluies au Niger) De passage au Niger pour quelques mois, quelques petits bouts de vie d'ici

Monday, August 14, 2006


Petits cahots [samedi 12/08, 18h]
Je vacille encore un peu. Je viens de descendre de ma… ma… ma mobylette. Ici on dit « moto » pour toutes les cylindrées, mais d’après Florent la différence entre une moto et une mobylette, c’est que sur une moto on impressionne, et sur une mobylette on est ridicule. Je suppose donc que ce que j’enfourche sans gloire est une mobylette, et que dans mon cas la dénomination est assez indépendante de l’engin…
C’est un copain d’enfance de Bachir (gérant de la case de passage de mes débuts) qui a acheté 2 véhicules à Zinder, où c’est plus abordable qu’à Niamey, et qui est venu les revendre. C’est une bonne occasion semble-t-il. J’ai fait l’affaire en 2 jours et 3 entrevues, à chaque fois entre deux réunions.
Karim, un mécano (spécialiste des BM, sur lesquelles il répare n’importe quoi, mais elles ne courent pas les rues ici) qui vient aussi d’avoir son permis poids lourd, jeune homme discret avec lequel je me balade souvent en l’écoutant me parler de ses cousins, ses amis tailleurs, ses dépannages et ses galères d’intérim mal ou pas payé dans des garages… bref Karim m’a fait une « contre-expertise » rapide pour que je puisse avoir confiance dans le moteur avant d’acheter la bête, vu que Justin (le mécanicien officiel de l’ONG qui m’ « héberge » ) est au repos forcé (palu + ulcère, il est méconnaissable tant il est affaibli). Il n’a pas pu examiner réellement le moto sous toutes ses coutures, Bachir (d’habitude imperturbable) s’agaçant réellement de me voir me méfier de ses potes. Par conséquent après coup il y a des petites réparations à faire, c’était prévisible, et Bachir semble avoir couvert ce genre de détails mais bon, ici c’est la règle alors... j’essaierai d’éclaircir cette histoire quand même.
Donc ensuite - Karim s’est d’abord chargé de la vidange, d’un petit colmatage pour fuite d’huile, de m’acheter un antivol, de changer l’ampoule arrière, … et tout à l’heure en arrivant il m’a dit « maintenant c’est bon, on essaye ». Il s’assied à l’arrière et me résume : les vitesses c’est vers l’avant, pour rétrograder c’est derrière, il y a deux freins. Il faut démarrer le pied sur le frein, au cas où quoi.
OK. Je crois qu’il ne faut pas tergiverser, je monte, en avant. Ca va. Heureusement la conduite est assez instinctive. J’ai dû avoir une mobylette dans une vie antérieure, mais pas la toute dernière visiblement, vu mon état de maîtrise. Sauf que je n’arrive pas à rétrograder, je n’atteins pas la pédale arrière. C’est quand même un problème – pardon, ici il n’y a pas de problème, Karim m’explique qu’il existe un autre type de pédale, qu’on soulève pour rétrograder au lieu d’appuyer derrière. Comme je suis visiblement de la catégorie qui est (potentiellement) plus à l’aise avec cet autre modèle, il n’hésite pas : « on va changer ça ». Il est parti.
On a aussi changé les chambres. Et il faut mettre un interrupteur pour allumer le feu avant au lieu de bricoler les fils à chaque fois. Restent à régler l’assurance et la vignette, on verra lundi.


(Karim et la mobylette, devant la maison où j’habite ces temps-ci)

Et ensuite je pourrai aller éclabousser les mémés en passant dans les flaques, m’embourber moi-même ou patiner dans le sable, ne plus attendre ½ h sous la pluie battante avant de trouver un taxi, ne plus arpenter Niamey sur la selle arrière (même si j’aime bien) des motos des copains, collègues, connaissances, et autres « partenaires de projet ». Prochaine étape : trouver un « célibatorium ». A suivre…

N.B. Je ne vous ai (presque) rien épargné cette fois du mode cahotique de mes journées, de la cohorte de noms et de petits détails qui criblent mon quotidien. Qu’on m’absolve !

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