Le petit Biram est bien arrivé lundi. Moi aussi. Le bilan sanguin dit que je n’ai ni maladie tropicale, ni carence préoccupante. Les copains sont là et prêts à partager du temps. Florent fait de son mieux pour mettre son stress de côté et partager un peu de temps calme le soir ensemble à la maison. On discute beaucoup, ça apporte énormément. Tout va bien.
Pourtant c’est si difficile… De voir tout le monde courir, faire vite, regarder ses pieds, froncer les sourcils, soupirer, oublier que les autres autour sont aussi des personnes, parce qu’on n’a pas le temps, pas que ça à faire, qu’il y a tant de monde… de deviner que si peu de gens ont vraiment l’impression de choisir ce qu’ils font de leur journée, alors qu’en théorie on a tant de liberté de choix dans nos pays…
A Niamey j’étais toujours un peu décalée – c’était normal et tout le monde l’admettait fort bien : avec une pareille couleur de peau, que voulez-vous ? - mais ici, avec mon air très « comme tout-le-monde », sera-t-il possible de suivre mon chemin un peu cahoteux sans être condamnée pour n’avoir pas voulu jouer avec les mêmes règles que chacun, pour avoir « décroché » du système ? Sera-t-il possible de ne pas oublier ce que j’ai appris pendant 6 mois pour continuer à faire vraiment ce que je juge important, plutôt que ce que la facilité et la norme indiquent comme piste par défaut ? Comment s’intégrer tranquillement avec ses différences sans se sentir jugé, catalogué…
Ces questions ne s’appliquent pas qu’à moi, loin s’en faut. Et peut-être d’ici quelques mois serais-je rentrée parfaitement dans le « moule », et ces questions auront-elles disparu. Qui vivra verra.
Pourtant c’est si difficile… De voir tout le monde courir, faire vite, regarder ses pieds, froncer les sourcils, soupirer, oublier que les autres autour sont aussi des personnes, parce qu’on n’a pas le temps, pas que ça à faire, qu’il y a tant de monde… de deviner que si peu de gens ont vraiment l’impression de choisir ce qu’ils font de leur journée, alors qu’en théorie on a tant de liberté de choix dans nos pays…
A Niamey j’étais toujours un peu décalée – c’était normal et tout le monde l’admettait fort bien : avec une pareille couleur de peau, que voulez-vous ? - mais ici, avec mon air très « comme tout-le-monde », sera-t-il possible de suivre mon chemin un peu cahoteux sans être condamnée pour n’avoir pas voulu jouer avec les mêmes règles que chacun, pour avoir « décroché » du système ? Sera-t-il possible de ne pas oublier ce que j’ai appris pendant 6 mois pour continuer à faire vraiment ce que je juge important, plutôt que ce que la facilité et la norme indiquent comme piste par défaut ? Comment s’intégrer tranquillement avec ses différences sans se sentir jugé, catalogué…
Ces questions ne s’appliquent pas qu’à moi, loin s’en faut. Et peut-être d’ici quelques mois serais-je rentrée parfaitement dans le « moule », et ces questions auront-elles disparu. Qui vivra verra.
