Une saison des pluies au Niger

Wayno, laabu, kayna beena hari : Kaydiya Niger ra (Le soleil, la terre, un peu d'eau du ciel : une saison des pluies au Niger) De passage au Niger pour quelques mois, quelques petits bouts de vie d'ici

Friday, December 01, 2006

La fin de mon séjour en Afrique de l’Ouest a été marquée par une visite au Togo. J’y étais dans un cadre formidable sur tous les plans, et les conversations passionnantes qu’on m’y a offertes valaient à elles seules le voyage. Je sais désormais que le fatalisme n’est pas l’apanage des pays musulmans.

Au retour j’ai rencontré Ibrahim - à côté de moi dans le bus.

Il vient du bord du fleuve, entre Ayorou et Tillabéri ; il est Sonrhaï. Très jeune, il est parti en exode gagner sa croûte ; d’abord il allait chercher des voiture à Cotonou pour les revendre au Mali. Mais ce n’était pas assez lucratif pour lui alors il est devenu indépendant.

Il a la double nationalité : Nigérienne et Malienne.
Tout simplement parce que lorsqu’il s’est présenté au poste de contrôle, disant qu’il avait perdu ses papiers, on lui a refait l’intégrale mais comme s’il était… malien (la culture et la langue Sonrhaï sont implantées dans les deux pays, et Ibrahim parle bien le Bambara).

Depuis quelques temps, il travaille à Lomé. Il est négociant. Il vend différentes choses, selon les opportunités : parfois des vêtements, des chaussure de sport venues de Dubaï ou de Chine, mais en ce moment surtout des matériaux de construction (du sable…) venu lui aussi…. De Chine !

Il me dit qu’avec le coût de la vie chez nous, il ne voit pas bien ce que peuvent croire ceux qui risquent leur vie pour tenter d’immigrer chez nous. Quil vaut mieux se lancer en Afrique de l’Ouest…
Il a bien raison. Mais combien pensent comme lui ?

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