Un petit Biram pour chanter les louanges du grand Pitti Kori
Le petit Biram est tout à fait né mercredi (13/09/06, qu’on consigne au registre !). Même un peu plus réduit que ses prédécesseurs il garde un belle envergure et un son profond. Ses cordes à peine tendues sonnent déjà avec ampleur, il a de beaux jours devant lui. Ses réglettes sont élégantes, mais il pue toujours comme un vieux chameau, combien de jours lui faudra-t-il passer à l’air pour devenir fréquentable ?
Par miracle Sylvie m’avait accompagnée au cours ce soir-là, pour découvrir le centre de formation, le Biram et Barka. C’est ainsi que nous avons pu rapporter l’instrument chez moi – ½ h d’aventure, sur la moto de nuit sur la route ensablée, avec les vélos sans éclairage et les camions qui klaxonnent, Sylvie derrière moi le Biram dans les bras.
La laiterie où j’ai trouvé une chambre à louer (ex-case de passage des membres de la coopération italienne, encore utilisée lorsqu’ils viennent soutenir la coopérative laitière – cf. http://www.laitsain.com/institu/insti_it_unimi.html ) aura donc un locataire clandestin ; celui-ci est discret comme une guitare sèche, et malgré ses prétentions il ne saura pas outrepasser l’odeur de lait ambiante…

Sylvie devant ma fenêtre, dans l’attente de pouvoir enfin aller se laver les mains de cette puanteur.
La présence de Sylvie était une bonne occasion de prolonger le cours par une longue conversation avec Barka. Puisque le Biram se laisse docilement gratouiller pendant que l’on écoute et qu’on questionne, pourquoi s’en priver.
Par pudeur pour ce pays je ne voudrais pas retracer nos échanges – et m’en tiens à regretter sobrement que le milieu politique ici puisse visiblement se montrer aussi irresponsable, contre-productif et malhonnête dans le domaine de la culture que nous avons déjà pu le constater dans l’urbanisme, l’agriculture ou l’éducation.
Pour ne pas nous laisser dans l’amertume, Barka nous a fait don de la légende de Pitti Kori associée à la ballade du même nom, rendue célèbre au Niger par la reprise du thème pour une pièce théâtrale diffusée à la télévision.
Je préfère ne pas vous la dévoiler en version électronisée. Nous la partagerons un soir, dans la pénombre, en nous figurant au bord du lac, peut-être un son de Biram dans l’oreille. Il faudra seulement me demander de vous la conter. Ainsi la tradition sera-t-elle respectée.

1 Comments:
Rép : Ah oui c'est seulement cinq notes, et pas moyen de changer ça sans désaccorder ;o)
Et pourtant c'est pas facile à jouer : pour tenter de compenser la faiblesse de la mélodie il faut beaucoup activer ses doigts - et si possible trouver un compère qui utilise la caisse comme percussion pour accompagner simultanément. Toute une gymnastique.
Si jamais je parviens à le rapporter tu sentiras, c'est sûr...
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